Cochonou à l'Île de Sein

Publié le par Roré

Cochonou à l'Île de Sein
Publicité

L'île de Sein (Enez-Sun en breton) est une île située dans l’océan Atlantique, au large de la péninsule bretonne, à 8 km de la pointe du Raz, dont elle est séparée par le raz de Sein. Ce bout de roche, sentinelle avancée dans l'océan, émergeant à peine du niveau de la mer, reçoit de plein fouet le déferlement des nombreuses tempêtes. L'habitat est resserré, regroupé autour du port pour faire front aux éléments : les ruelles étroites s'entremêlent pour que s'y perdent les vents et les embruns. Elle s'étend sur quelque deux kilomètres et serpente comme un S inversé dont la largeur varie de 30 à 500 mètres. L'est de l'île est occupé par le port et le bourg où est regroupé l'ensemble des habitations. L’île est bordée principalement par des plages de galets et de sable qui constituent un rempart fragile contre les tempêtes. Des digues ont donc été construites pour éviter sa « destruction » pure et simple. L'île a une surface de seulement 0,5 km2 et est basse, son altitude moyenne de 1,5 mètre. Elle fut plusieurs fois presque submergée par des. Elle se situe au milieu d'une zone de récifs très étendue et particulièrement dangereuse, la chaussée de Sein parcourue par des courants souvent violents qui dépassent 6 nœuds en vives eaux. Située non loin d'un axe important de navigation commerciale entre la Manche et l'Atlantique, elle a été le témoin de nombreux naufrages de navires venus s'échouer sur sa barrière de récifs. Au XIXe siècle, plusieurs phares ont été construits sur son pourtour, dont le plus célèbre est le phare d'Ar-Men. Le vent est tout-puissant à Sein : ni arbre ni buisson, une haie maigre. Les petits champs entourés de murets coupe-vent, où les paysannes cultivaient autrefois l'orge et les pommes de terre, sont laissés à l'abandon. Les rares terres de Sein sont envahies de ronces et de broussailles. Là où les murets de pierre tiennent encore, des soucis fleurissent à l'abri, au printemps les pâquerettes ont des tiges. Cette absence de relief fait courir le risque des vagues déferlantes qui se sont souvent abattues sur l'île, envahissant les maisons, dévastant les dunes et le port. L'île de Sein, est sans doute l’Insula Sena des Romains. Au Ier siècle, un auteur romain, Pomponius Mela, rapporte qu'un oracle d'une divinité gauloise était installé sur l'île, servi par 9 prêtresses, les Gallisenae, ayant fait vœu de virginité perpétuelle ; ces dernières étaient appelées par les Gaulois les Sènes. En 1360, en pleine guerre de Cent Ans, les Anglais débarquent sur l'île et la pillent (14 000 hommes, 80 voiles placées sous le commandement de sir John Paveley) en représailles après un raid de marins normands qui auraient pillé la ville anglaise de Winchelsea. En 1601 une épidémie de peste décime la population sénane, obligeant les survivants à aller chercher des conjoints sur le continent, dans le Cap Sizun voisin, afin de repeupler l'île. L'île de Sein a eu son heure de gloire, lorsque les 128 pêcheurs de l'île l'ont quittée sur six bateaux pour répondre à l'appel du général de Gaulle. En effet, tous les hommes sans exception gagnèrent la Grande-Bretagne à bord de leurs bateaux à l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle sur le poste de radio que Tin'ti Marie avait posé sur le rebord de fenêtre de l'Hôtel de l'Océan. Ces hommes furent parmi les premiers Français à gagner la Grande-Bretagne : quelques jours après l'appel du général de Gaulle, environ 25 % des Français arrivés à Londres venaient de Sein. Ce qui valut un éloge de la part du général de Gaulle : « L'île de Sein est un quart de la France ». L'île de Sein est l'une des cinq communes françaises qui ont été faites compagnons de la Libération.

 

Cochonou à l'Île de Sein

Publié dans Cochonou en Bretagne

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article