Cochonou à Guérande
Guérande (en breton contemporain : Gwenrann et Géraundd en gallo) est une commune française, chef-lieu de canton, située dans le département de la Loire-Atlantique et la région Pays de la Loire. La langue bretonne, implantée dès le VIè siècle, sera la langue vernaculaire de la commune de Guérande jusqu’à la fin du XVIIIè siècle, et ne disparaîtra de la presqu'île guérandaise que dans les années 1960 (parler proche du vannetais), en concurrence avec le parler gallo, langue romane de Haute-Bretagne. Ce maintien du breton s'explique en partie par les liens économiques avec le reste de la Bretagne. Aujourd'hui, les locuteurs du gallo sont aussi en voie d'extinction dans la région : la langue des paysans locaux est en règle générale du français teinté de gallo (disparition des conjugaisons et des diphtongaisons) et de bretonnismes (une centaine environ). Le nom est issu de deux mots bretons : gwenn (« blanc » en breton moderne mais également « pur, sacré » autrefois), et rann (« parcelle »). En breton moderne, Guérande s'écrit Gwerrann ou Gwenrann. Les habitants sont appelé Gwenranniz (Gwenrannad au singulier). Quatre hypothèses existent quant à l'étymologie de Guérande :
- Pays Blanc : pays (rann) au sens de territoire et blanc (gwenn) faisant référence aux salines. Cette traduction séduisante car empreinte d'une salinité toute guérandaise méconnaît le sens exact du mot rann en vieux-breton : part, partie au sens de parcelle de terre, champ. Le sens donné à rann de territoire ou sudivison d'un pays n'existe qu'en breton moderne. Cette hypothèse évoquée par Léon Maître en 1894 et largement reprise par les guides touristiques ne trouve donc aucun écho chez les spécialistes du breton.
- Vindo-Randa : Guérande serait selon Alain Gallicé (1995) une bretonnisation du gaulois vindo-randa (« terre en friche» ; le mot a donné garenne en français, composition celtique strictement identique en sens et en forme au breton gwenn-rann. Cependant le nom de Guérande n'est attesté qu'à partir du IXè siècle : cette date semble trop tardive pour la reprise d'une appellation gauloise dans un lieu (autour de l'actuelle Collègiale) qui, de surcroît, semble n'être occupée qu'à partir du IVe siècle au mieux.
- Parcelle en friche : nous retrouvons le même sens que dans l'hyptohèse gauloise, mais cette fois-ci ce sont les Bretons qui auraient trouvé un lieu abandonné et couvert de ruines. Joseph Loth (1883) s'appuie sur le gallois gwynn qui peut signifier « en friche », pour étayer cette hypothèse reprise par Henri Quilgars (1910). Toutefois ce sens ne semble pas attesté en breton pour gwenn.
- Parcelle consacrée : Gildas Buron rappelle que la première attestation de Guérande mentionne en 854 « ecclesia quae dicitur Wenran ». Il s'agissait donc d'une église et d'une paroisse, mais non d'un pays, d'un bourg ou d'une région. Des fouilles archéologiques ont de plus montré la présence d'un cimetière d'époque mérovingienne autour de cette église primitive. Il s'agit donc probablement d'une « parcelle pure, consacrée », ce sens convenant à l'adjectif gwenn comme au mot rann, mais aussi à la nature de l'occupation des lieux.
