Cochonou à Chuao
Le village de Chuao est situé sur la côte nord du Vénézuela et n'est accessible de Puerto Columbia qu'en bateau. Il est organisé en communauté autour de la coopérative. La petite église coloniale et sa cour entouré d’un mur bas donnent un cachet exceptionnel à la petite place. En retrait, l’ancienne maison de maître de ce qui n’était en fait qu’une petite hacienda, sert occasionnellement de maison d’hôte pour les visiteurs. Un petit musée, installé au rez-de-chaussée, présente d’une manière parfois un peu naïve des objets chers au village et à son histoire. La communauté de Chuao est issue essentiellement des descendants des esclaves noirs. Leur isolement et l’inaccessibilité de leur vallée ont protégé pendant des siècles leurs coutumes traditionnelles. La danse des diables de Chuao fait partie d’un folklore traditionnel lié à leur pays d’origine et adapté au christianisme. Un petit sentier part dans la montagne, où plusieurs familles possèdent à 1 200 m d’altitude de petits terrains où poussent les caféiers. Quelques petites maisons, dispersées dans la nature, accueillent pendant la récolte les habitants de Chuao. Seule une paire de familles y vit toute l’année. A proximité descend une cascade. Le cacao de Chuao est réputé pour son excellente qualité chez les plus grands chocolatiers de Suisse. Son mode de production, les soins apportés aux graines et à leur fermentation, n’ont que très peu changé au cours des siècles. Les instruments de manipulation, si l’on excepte la calibreuse, importée de Paris au début du siècle, sont tous en bois afin de ne pas blesser la graine. La fermentation sous les feuilles de bananier, dans de grands bacs de pierre à l’abri de la lumière, dure de 3 à 4 jours. La température est idéale, et le séchage sur la place de l’église est contrôlé minutieusement par les femmes du village. Au moindre nuage, les graines sont rassemblées et retrouvent leur abri sur le vieux plancher en bois de la coopérative.

Avril 2008