Cochonou à Chambord

Publié le par Roré

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1800 ouvriers, dit-on, œuvrèrent à la construction de Chambord, à partir de 1519 et pendant plus de trente ans. Si l’ombre de Léonard de Vinci – ami du roi et " architecteur " officiel qui mourut quelques mois avant l’ouverture du chantier - plane sur l’étonnant escalier à double révolution, on ne connaît cependant pas l’auteur de cette demeure étrange, à la fois prodigieuse et inhabitable. Souverains et ambassadeurs Européens l’ont admirée, et en restèrent confondus. François 1er, qui en rêva, n’y passa que quelques semaines, la laissant vide de meubles et d’habitants après chaque passage et, finalement, inachevée…
Faut-il donc y voir la volonté du roi de France, face à Charles Quint et Henri VIII d’Angleterre, de s’imposer dans une Europe changeante, une image donnée de la centralisation du pouvoir qui s’instaure alors ? Si Henri II (1519-1559) en poursuivit quelques temps les travaux, ceux-ci ne furent terminés que sous le règne de Louis XIV (1638-1715), qui aima ce lieu prestigieux au point d’y faire plusieurs séjours ponctués de chasses, de ballets et des représentations théâtrales de Molière. Par la suite, bien que rarement habité, il conserva une fonction symbolique, représentant ce qu'un pouvoir absolu pouvait faire en matière de construction inutile, née de la seule fantaisie et du bon plaisir du souverain. Chambord devint alors le "cadeau" prestigieux et la résidence dont bénéficièrent de diverses manières les ducs d'Orléans au XVIIème siècle; Stanislas Leczcinski, beau père de Louis XV et roi de Pologne en exil, et le maréchal Maurice de Saxe au XVIIIème siècle et, au XIXème siècle, le maréchal Berthier puis le duc de Bordeaux, devenu comte de Chambord.

Avril 2007

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Publié dans Châteaux de la Loire

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